jeudi 15 mai 2008

10eme rencontre internationale de Capoeira Angola Bordeaux part1

Pour la 7eme fois, L'Association Capoeira Angola Marrom Capoeira e Alunos Bordeaux (ACAMCAB) emmenée par Contramestre Dorado organisait sa rencontre internationale. Cette année, nous étions un peu moins nombreux que les années précédentes, mais quelle Axé!
Les invités étaient nombreux:
Pour la première fois en Europe, Mestre Zé Bahiano de Caraguatatuba (SP)
Mestre Marrom fondateur de notre groupe accompagné de ses élèves, Contramestre Yuri, Treinel Tatiana et Roberta qui venaient de Rio de Janeiro et Contramestre Forro (qui vit désormais à Hannovre)
Mestre Camaleao du groupe Filhos de Angola (Marseille/Rio de Janeiro) et ses élèves venus en nombre
Contramestre PernaLonga du groupe Irmaos Guerreiros (Bremen/Sao Paulo) et ses élèves Furadinha et Russo
De nombreux autres groupes étaient représentés, le groupe Filhos de Angola de Berlin avec notre amie Andorinha, le groupe de Cap Breton, le groupe Olho da Mandinga (Falcaon) de Metz, le groupe Ecap de Paris et Strasbourg... Manquaient juste à l'appel nos camarades de Finlande, d'Ecosse et Angleterre que nous avions pris l'habitude de croiser chaque année lors de cet événement.

Ce stage a été un moment fort car il inaugurait le centre culturel Cajueiro ouvert depuis moins d'un an par Contramestre Dorado et ses élèves. Le Cajueiro est un arbre fruitier que l'on trouve au brésil et qui est évoqué dans de nombreuses chansons de capoeira, (Sinha manda eu vo / Cajue...). Le travail accompli par Dorado depuis plus de 6 ans porte ses fruits (cajue ;-)). Au départ accueillie par l'école primaire du Derby d'Eysines l'activité s'est développée, le groupe agrandi et renforcé jusqu'à l'ouverture de ce lieu qui permet d'organiser les cours et les événements dans des bonnes conditions. Deux salles pour faire des entraînements en simultané sans se gêner, un vestiaire avec douche et sanitaire, un bar (le Barjueiro) et la décoration qui rappelle Rio avec les mosaïques de la promenade de Copacabana, le Pao de Azucar, le Corcovado, qui évoque aussi les Orixas (Oxala, Iemanja, Omolu).
Pour rendre hommage à ce lieu et l'énergie de tous ceux qui ont permis la réalisation de ce projet, Dorado à fait une chanson dont le refrain est: "O Cajueiro Meu Cajue, O Cajueiro Me Cajua". C'est une façon de de personnaliser le lieu en lui donnant un surnom affectueux "Cajue" comme lorsque l'on donne un diminutif au prénom d'une personne que l'on apprécie (José devient Zé, Raphaël devient Raf...). C'est aussi un jeux de mots entre Cajua et Cazua (la maison) et un clin d'oeil à Contramestre Pernalonga dont la salle à Bremen s'appelle... Cazua. Si pour les capoeiristes chaque roda est un peu leur maison (et donc par extension, le lieu où elle se déroule) c'est encore plus vrai pour ceux déracinés qui ont quitté le Brésil pour développer leur travail à l'étranger et faire connaître la capoeira dans le monde.
Cette année, Contramestre Dorado a voulu mettre en valeur l'implication de ces élèves en leur remettant une distinction selon leur expérience et implication dans la capoeira. Cela a donné lieu à une roda au cérémonial un peu particulier où chacun était invité à jouer avec un des invités de ces rencontres comme dans la vidéo ci dessous entre Mestre Camaleao et 25 (connu aussi sous le nom de miseravao).

dimanche 6 avril 2008

AGOGO

Dans un précédent article, je parlais de l'origine de l'Agôgô selon Mestre Pedrinho.
Au cours de mes lectures j'ai trouvé une autre histoire tout aussi intéressante qui vient confirmer et compléter les dires de Mestre Pedrinho.
Roger Bastide, anthropologue Français aborde dans le premier chapitre de son livre "Le candomblé de Bahia (rite Nagô)" le rôle des instruments de musique. Ainsi, il nous apprend d'autres choses sur l'Agôgô: "L'Agôgô (corruption de akôkô, le temps ou l'heure, en langue yoruba), clochette simple ou plus généralement double (...) joue également un trés grand rôle dans le candomblé". Comme Mestre Pedrinho, il indique l'importance sacré commune de l'Agôgô et des tambours (et des Agivadi, baguettes servant à frapper les tambours). Ces tambours sont au nombre de 3: "le rum qui est le plus grand, le rumpi qui a une taille moyenne et le lé qui est le plus petit". Il confirme le rituel qui veut que l'on fasse manger les tambours et nous donne plus de précision sur le "régime" qui leur est réservé : "ce ne sont pas des tambours ordinaires (...) Surtout ils ont "mangé" et ils "mangent" chaque année le sang d'une poule (...) de l'huile de palme, du miel et de l'eau bénite.". L'Atabaque de la bateria de Capoeira Angola n'a pas le même traitement (du moins je n'en ai jamais entendu parlé ou vu les traces). Il y a une série de vidéos intéressantes (4 épisodes) de Yansky9 sur youtube qui montre la fabrication de son Atabaque.

Roger Bastide décrit l'Agôgô comme une "clochette simple ou plus généralement double, parfois simple morceau de métal frappé avec un autre morceau de métal" dans les bateria de Capoeira Angola que je connais, la plupart du temps l'Agôgo est en bois, soit deux cosses de noix de tailles différentes, fixées sur une tige en bois et que l'on frappe avec un baton.





Vidéo 1/4 Meu Atabaque(part1 of 4)- making an african drum - capoeira par Yansky9


lundi 24 mars 2008

Rencontres de Capoeira Angola 2008

Les choses se précisent enfin!

les dates et programmes de rencontrent de capoeira Angola recommencent à fleurir avec la venue du printemps:
  • Du 24 au 27 avril 2008 à Bordeaux:
Contra-Mestre Dorado organise pour l'ACAMCAB les VIIémes rencontres internationales d'Angoleiros à Bordeaux. Plus d'infos sur le site de l'ACAMCAB.
  • Du 09 au 11 mai 2008 à Strasbourg:
Guara organise pour l'ECAP les premières rencontre internationale Quilombo de capoeira angola à Strasbourg. Plus d'infos sur le site de l'ECAP.
  • Du 26 au 29 juin 2008 à Marseille:
Mestre Camaleao organise pour le groupe Filhos de Angola la Xème édition de Vadiando entre amigos. plus d'infos sur le site de Filhos de Angola.

lundi 12 novembre 2007

Ouverture du centre culturel CAJUEIRO!

Ce week-end, nous fêtions l'ouverture du Centre Culturel CAJUEIRO!
Un grand moment pour l'ACAMCAB et pour Contramestre Dorado. L'association a maintenant une véritable académie en plein Bordeaux un lieu où l'on peut se réunir, donner les cours, faire les Roda, mais aussi organiser les stages et faire la fête!
La taille de la salle principale permet de recevoir beaucoup de monde et il y a des vrais vestiaires avec des douches! Les murs sont décorés et sur le mur principal on voit une illustration de la chanson que Dorado chante à la fin de la roda, une maison de style bahianaise peinte en jaune avec un Cajueiro et dans les branches de l'arbre les divinités du candomblé.
Pendant les stages, le groupe peut se diviser en deux pour travailler avec plus de confort puisqu'il y a une seconde salle un peu plus petite.
Les camarades de l'association ont bien travaillé pendant tout cet été 2007 et le résultat est là! Du parquet partout pour le confort, et la décoration qui va avec pour donner de l'âme à ce lieu.
On apprécie aussi le bar où on peut manger une pizza ou boire un verre aprés l'entraînement. Parce que la capoeira c'est aussi ça: Papoeira, discuter, fraterniser et passer un bon moment ensemble.

Pour l'occasion nous étions nombreux à avoir fait le déplacement pour cet événement, Contramestre Ferradura (ACAMCAB/Rio de Janeiro-Brésil), Trenel Pecadinho et Malvadeza (Irmaos Guerreiros/Bremen-Allemagne et Sao Paulo-Brésil), Guara (ECAP/Paris et Rio de Janeiro-Brésil), Mestre Pedrinho (Terreiro Mandinga de Angola/CapBreton-France et Roda Livre de Caxias, Duque de Caxias-Rio de Janeiro-Brésil) et ses élèves, mais aussi le groupe Olho da Mandinga de Metz avec Falcao, des gens de Mulhouse, de Rennes et les élèves de la branche d'ACAMCAB que 25 développe à Agen. L'ambiance était vraiment bonne, il suffit de voir les sourires afichés pour s'en rendre compte.
(de gauche à droite: Contramestre Dorado, Contramestre Ferradura, Guara, Cobra, Mestre Pedrinho, Trenel Pecadinho)

Ferradura avec son jeux trés expressif tout en légerté a bien animé le week-end, ce personnage original nous a beaucoup fait travailler sur le feeling musical, se servant du Forro comme moyen de s'exercer et de s'ouvrir à cette sensation qu'on oublie trop souvent quand on est tellement concentré sur son jeux qu'on en oublie la musique, le rythme et le swing. Les vidéos que j'ai posté sur Youtube sont assez explicites sur son style.

Ci-dessous la vidéo d'un jeu entre Ferradura et Guara. Un beau moment de Capoeira Angola, plein de malice et d'inventivité.

jeudi 16 août 2007

Capoeira Angola em Berlin: Filhos de Angola

Aprés l'atelier de Capoeira Angola du groupe Irmaos Guerreiros le week end du 27 au 29 juillet à Breme/Allemagne, nous avons décidé d'aller rendre visite à Claudia (Andorinha) et Andrea à Berlin, rencontrer leurs camarades de Capoeira du groupe filhos de Angola/Berlin et visiter la capitale Allemande.
Nous souhaitions faire un détour par Hambourg pour saluer les élèves de Mestre Paulo Siqueira (Nzinga, Hamburg/Allemagne RJ/Brasil) rencontrés l'été passé lors de notre voyage au Brésil, mais les contingences du voyage ne nous l'ont pas permis. Ce n'est que parti remise.

Le mardi soir de notre arrivée à Berlin, nous nous sommes rendu directement à l'adresse où s'entraînent nos amies Berlinoises dans le quartier de Kreuzberg au pied d'un grand bâtiment recouvert de Graffitis (Naunynstrasse, n°63). L'entrée était close et nos trois mots d'Allemands ne nous permettaient pas de déchiffrer le petit message écrit à la main et collé sur le pan de la porte. Quelques personnes sont arrivées parlant portuguais on échange sur la situation, des appels sont passés sans succés. Finalement, un groupe de Capoeiristes est sorti et j'ai reconnu la tenue jaune et noir que portaient Andrea et Claudia. Je questionne une personne qui nous confirme qu'elles sont à l'étage où à lieu une Roda organisée par un groupe de Capoeira Régional pour fêter le retour au Brésil d'un Capoeiriste. Nous retrouvons Claudia qui nous explique que les deux groupes s'entraînant dans le même bâtiment, des relations conviviales se sont crées. Comme nous venons d'arriver et ne connaissons pas les gens nous préférons participer discrètement à la Roda en chantant et observant les jeux et l'ambiance. A la fin, nous quittons le centre avec le group d'Angoleiros pour aller manger une pizza dans un troquet tout proche . A priori c'est le QG de leur groupe où ils se retrouvent après chaque entraînement pour manger un morceau et boire une bière. D'entrée l'accueil est très sympathique et nous nous sentons tout de suite intégré au groupe en particulier par le trio Micke, Steeve et Markus trois gaillards qui aiment bien la Brincadeira.
Durant les 10 jours de notre séjour à Berlin nous sommes entraîné deux fois avec eux, car ils se réunissent tous les mardi et jeudi soir à partir de 19h30. La première fois, nous avons démarré par un bon échauffement mené par Andréa. Puis Claudia nous a fait travailler quelques mouvements et des petites séquences et ensuite Micke a pris le relais pour une série où l'on a travaillé l'expression et l'interaction entre les mouvements et la musique. La seconde fois, nous avons démarré l'entraînement par un cour d'instrument. Chacun, à tour de rôle devait lancer un IEEEEE comme lorsque l'on ouvre la Roda avant de chanter la Ladainha. C'est un exercice interressant, car en plus du fait de se caler dans le rythme de la Bateria, cela fait travailler la prise de risque. Il faut avoir confiance en soi pour pousser ce cri. La personnalité de chacun s'y exprime certains sont timides et discrets, leur cri sort à peine et ne dure pas longtemps, d'autres sont émus et leur voix déraille, certains crient trés fort pour se donner du courage...
Le groupe est trés sympa, et il y a un trés bon niveau et des gens qui font de la Capoeira depuis plus de 10 ans. Chacun participe à la transmission de façon naturelle selon son niveau de connaissance et son expérience. Nous espérions rencontrer leur maître (Mestre Laercio), mais il était encore en voyage le premier soir et le second il venait juste de rentrer et s'était blessé.

Nous avons vraiment apprécié l'accueil qui nous a été fait, en particulier la confiance et la générosité de Claudia qui nous a reçu et hébergé chez elle. Lors de ces rencontres, je prend vraiment conscience de la force de la Capoeira. Dorado nous le dit souvent: "la force de la capoeira ce n'est pas tant les coups de pieds, de tête ou les rasteiras, mais c'est l'union des capoeiristes". Lors de notre séjour à Rio, nous l'avions senti à travers l'unité du groupe de Mestre Marrom, et notre petit voyage en Allemagne a encore renforcé ce sentiment! Brésiliens, Français, Allemands, Suédois... des nationalités, des cultures, des personnalités variées, mais un en commun plus fort que la différence: la Capoeira, ses valeurs, ses codes, ses traditions et son énergie!
Axé!
ié a capoeira camara!

vidéo:jeu entre les maîtres Laercio et Roberval avec Contra-mestre Pernalonga au chant.



photo: groupe filhos de Angola de Berlin à la fin de l'entraînement.

mercredi 1 août 2007

Capoeira Angola em Bremen: Irmaos Guerreiros

C'est lors du retour de Marseille, enthousiasmé par le week-end de Capoeira Angola passé dans la cité phocéenne que nous avons décidé de nous retrouver avec Ben (Batera) pour faire la route jusqu'à Breme pour l'Oficina de Capoeira Angola organisée par ContraMestre Pernalonga (Irmaos Guerreiros, Bremen/Allemagne et Sao Paulo/Brasil) du 27 au 29 juillet 2007 avec Mestre Roberval (Filhos de angola,Bahia/Brasil), ContraMestre Dorado (ACAMCAB, Bordeaux/France et RJ/Brasil) et les Trenels Malvadeza et Pecadinho (Irmaos Guerreiros, Sao Paulo/Brasil). Avec Caro, nous aimons particulièrement la personnalité de Pernalonga, sa sérénité, sa malice et bien sur sa façon de jouer et encore plus de chanter. Enfin, nous gardions un bon souvenir de ses élèves: Nina (Furadinha), Seu Policia et Thor qui étaient venus participer à une rencontre de Capoeira Angola à Bordeaux en 2006.

Nous sommes finalement parti à quatre avec Karine (Andorinha) pour traverser la moitié de la France, la Belgique et un bon bout d'allemagne en direction de la Casua du groupe Irmaos Guerreiros. Arrivé le vendredi à 18h pour la Roda de bienvenue, nous sommes accueilli par la trenel Malvadeza qui nous dérouille le corps de ce trop long voyage en voiture avec un entraînement bien physique qui annonce la couleur du stage: bananeira de cabeza, role de cabeza... Nous retrouvons quelques têtes que nous connaissons, les Angoleiros de Metz de Olho da Mandinga: Boa sorte, Feti et Lydie et Tony. Ainsi que des Angoleiros du groupe de Mestre Perdrinho à Cap Breton: Chris et Sarah. Nous rencontrons aussi de nouvelles têtes venant de tous les coins de l'Allemagne et même de Pologne.
tout au long de la Roda, Mestre Roberval nous fait passer son enseignement et sa façon de voir la Capoeira Angola. Il essaye de nous amener vers des jeux calme et controlés en insistant beaucoup sur la nécessité de mettre du Dende dans notre jeux. Le Dende c'est une huile pimentée faite à base d'huile de palme trés utilisée dans la cuisine de Bahia. Ici c'est le fait de surprendre son partenaire en faisant la Jinga, en sautillant, virevoltant le tout assorti de feintes et d'expressions avant d'attaquer. Mestre Roberval dit il faut d'abord détourner l'attention de son partenaire avant de lancer une attaque et pas attaquer son partenaire avant de détourner son attention. Durant l'entraînement qu'il a mené le samedi matin il nous a beaucoup fait travailler cet aspect du jeu fait d'expression, de sauts, de demi tour, volte et vire volte, feinte d'attaque....
Le Samedi aprés-midi ce sont les Contre-Maitres Pernalonga et Dorado qui ont pris en charge l'atelier. Pernalonga était censé nous échauffer pour suivre le cour de Dorado, mais son entraînement était super physique, surtout pour les bras avec des séries de traversée de la salle ou il fallait passer au dessus de banc en faisant une puis descendre sur la tête et passer sous le banc en faisant une Tesoura... ainsi de suite avec plein de variantes. Parmis ces spécialités, Pernalonga nous a fait "le coup du talc". Il saupoudre la salle de talc pour que le sol soit trés glissant et ensuite on reprend l'entraînement avec cette difficulté en plus. Quand ça a été le tour de Dorado de nous passer des mouvements il a ironisé sur le fait que Pernalonga nous avait préssé comme des citrons et qu'il ne lui restait plus que la peau... Mais que c'est le là que l'on tire le zest qui est ce qui a le plus de goût dans le citron. Et effectivement tout le monde était trés motivé pour suivre le cour de Dorado!
Lors de la Roda d'acceuil, Pernalonga a beaucoup insisté sur l'importance pour lui d'avoir un lieu comme son académie pour pouvoir recevoir d'autres Angoleiros. C'est une salle trés bien décorée avec beaucoup d'âme, on sent qu'il y a une identité forte. Pernalonga a ramené un peu de Brésil à Breme et ouvert un lieu hospitalier et chaleureux pour tous les Angoleiros. Son discour d'accueil était simpe et émouvant. Il a parlé du travail d'échange culturel qu'il met en place avec le Brésil et en particulier Sao Paulo dont il est originaire. Cette année il a fait venir deux jeunes filles Trenel: Malvadeza et Pecadinha. Elles travaillent comme fille au pair à Breme et participe à la vie de l'académie et donne des cours de Capoeira. C'est une façon pour lui de créer des échanges, de soutenir sa communauté à Sao Paulo et de valoriser la place des filles dans la Capoeira.
Tous les soirs des fêtes se sont improvisées dans le centre où nous étions hébergé, l'ambiance était super et il y avait beaucoup de monde pour danser la Samba de Roda. Il y avait de bonnes danseuses et de bons danseurs, j'ai repéré quelques pas de danse que j'ai repris. Dorado et Pernalonga se relayaient au chant sur des thèmes grivois ou parlant de la vie à Bahia. Le samedi soir la fête c'est prolongée jusqu'au petit matin et il y avait moins de monde pour s'entraîner le dimanche. J'ai suivi le dernier entraînement du dimanche aprés-midi mené par la trenel Pecadinha. C'était génial, malgré la fatigue on a fait un entraînement assez physique et on s'est vraiment amusé. Pecadinha a une super énergie trés communicative!

Mon meilleur souvenir de ce stage reste la dernière Roda du week end, quand j'ai joué du Pandeiro dans la Bateria a coté de Bom Bahiano. Il y a eu un long moment sans chant et j'ai eu un fort sentiment de communion avec la musique, les autres musiciens et la Roda. C'était trés fort, j'étais trés concentré, investi, ça me donnait des frissons.
Lors de ce stage nous avons développé des liens sympathiques avec plein de nouvelles personnes en particulier avec Raphaël un élève de Pernalonga qui nous a hébergé chez lui quelques jour aprés le stage. C'était trés sympa, nous avons pu nous reposer, visiter Breme et mieux faire connaissance avec lui.
Vous pouvez voir de nombreuses vidéos de l'académie de ContraMestre Pernalonga sur l'espace Youtube de l'academie.


Photos: roda na cazua, Karine-Caro-Raf-Ben, Iemanja, ContraMestre Pernalonga.

mardi 10 juillet 2007

Capoeira Angola em Marseilles: Vadiando entre amigos 2007. Part1.

Lors de cette énième édition du "vadiando entre amigos" à Marseille organisée du 04 au 08 juillet 2007 par Mestre Camaleão (Filhos de Angola, Marseille/France et RJ/Brasil) au sein de l'association "Marseille Métisse", nous avons pu suivre les cours de Mestre Russo de Caxias (Cosmos Capoeira, Roda Livre de Caxias, Duque de Caxias/RJ/Brasil), Mestre Chamine (Volta ao Mundo, RJ/Brasil) et Contramestre Dorado (ACAMCAB, Bordeaux/France et RJ/Brasil).

C'est la seconde fois que je participe à cet évènement. Lors du premier j'avais été marqué par la qualité de l'accueil Phocéen et le nombre de participants à l'évènement. Cette année encore, les Marseillais n'ont pas failli à leur réputation, hospitalité, générosité et esprit festif.
Le nombre de participants était beaucoup moins important et j'ai préféré cette configuration plus "intime" qui m'a permis de faire des rencontres de qualité avec l'ensemble des participants: Les élèves de
Camaleão, les Angoleiros de metz (olho da mandinga), Seb (Aruera) et Ben de Nantes (Ginga Nago) un Lillois, un Parisien, un Lyonnais, un groupe d'Italiennes (fICA), Alex le plus Brésilien des Finlandais...
Lors de notre arrivée vendredi, Mestre Chamine a pris les choses en main en donnant le premier cours qui a démarré par une classe de percussions. Il nous a passé les les bases de plusieurs rythmes dont la plupart issus du répertoire du Candomble. Cette introduction était une bonne façon de démarrer cette rencontre à travers la communion de la musique et du chant. La dynamique du groupe a pu s'exprimer et poser les bases du week end: l'énergie ne descendrait pas en dessous! Aprés avoir éveillé l'esprit, nous avons chauffé le corps avec une série de mouvements de danse, eux aussi inspirés de la tradition du Candomble. Mestre Chamine a été trés clair à ce sujet, il n'est pas nécessaire de pratiquer le Candomble pour faire de la Capoeira, mais il bon d'en connaître certains éléments pour mieux comprendre la culture populaire Afrobrésilienne et la Capoeira en particulier. Aprés ce cour nous avons fait une RodaMestre Russo a joué avec la plupart des participants. En fin de journée, nous avons traversé les rues de Marseille au son des Berimbau et en chantant sous le regard curieux des gens assis aux terrasses des bars. Nous avons formé une Roda sur le vieux port et les jeux se sont succédés l'énergie allant crescendo alors que le soleil allait decreshendo. La foule s'est amassée autour de l'air de jeu, les badaux, les touristes les gens travaillant au port... Comme souvent quand on joue dans la rue des personnes ne faisant pas partie du groupe se font remarquer en coupant la Roda, parfois un ivrogne, parfois un marginal plus ou moins fou. Ce soir là, c'est une femme les poignets lourds de bracelets le regard ailleurs, qui a plusieurs reprises a manifesté et finalement et rentrée dans la Roda pendant que Mestre Camaleão chantait une Ladainha. Les deux joueurs au pied du Berimbau sont restés recueillis pendant que cette femme improvisait une danse sensuelle et mystérieuse. A la fin du chant de Camaleão elle s'est retirée de la Roda et le jeu a commencé. C'était un moment étrange a la fois décalé et juste. Un temps d'expression libre pour une personne qui a su investir avec singularité cette Roda de Capoeira.

Photo: Mestre Russo de Caxias au pandeiro, ContraMestre Dorado au BeraBoi et Alex au Gunga.

Vidéo: Jeu place du vieux port/Marseille entre Mestre Russo de Caxias & Mestre
Camaleão.

mercredi 25 avril 2007

Capoeira Angola em Bordeaux: 5ème rencontres internationales d'Angoleiros.

Les beaux jours sont revenus en France et avec eux la période des stages et rencontres de Capoeira. On peut s'attendre à voir fleurir sur le net les vidéos, les échanges de photos et autres moyens de garder une trace, de prolonger l'instant de partager ces moments.

Comme l'an passé, les rencontre d'Angoleiros que Contramestre Dorado organise avec l'ACAMCAB on attiré des joueurs de toute la France et d'ailleurs. Les liens se renforcent, de nouvelles connaissances se font. Cette année, la Finlande était bien représentée (Mangarose, Alex...), mais aussi l'Ecosse (Dion), le groupe "Filhos de Angola" / Marseilles et Mestre Camaleão, le groupe Olho da mandinga / Metz, le groupe N'Angola Capoeira, Filhos de Maré / Orléans, le groupe "Ginga Nago"/ Nantes, le groupe ECAP / Paris , des gens de Béziers, Cap-Breton et Mestre Pedrinho, Le groupe "Acarbo" / Blaye et Mestre Macaco, Le groupe Irmãos Guerreiros / Breme (Allemagne) avec Contramestre Pernalonga et bien sur le Brésil avec Mestre Boca Rica de Salvador de Bahia (Brésil), Mestre Marrom et Contramestre Youri de l' "Associação de Capoeira Angola Marrom Capoeira e Alunos Brazil" de Rio de Janeiro (Brésil).
Nous avons joué beaucoup de Capoeira, mais aussi du Samba, du Maculélé, du Forro...

J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir Mestre Boca Rica, Mestre Marrom et Contramestre Youri avec qui nous avons passé beaucoup de temps cet été lors de notre séjour à Rio. C'est une chance de pouvoir prolonger la relation dans le temps malgré la distance, les différences culturelles, sociales, la barrière de la langue... C'est grâce à la Capoeira si nos nous retrouvons. C'est notre en commun, un langage que l'on partage, un espace ou l'on se retrouve, une culture que l'on vit ensemble.
La présence de Mestre Boca Rica apportai une dimension historique à cet événement et sa personnalité douce et aimable donnait le ton de ces rencontres. Comme d'habitude Contramestre Pernalonga nous a enchanté avec sa voix et son regard malicieux et Mestre Camaleão, a mis du piment dans les roda avec son jeux vif et piquant.


La rencontre avec Mestre Pedrinho m'a appris beaucoup de choses. En particulier concernant les percussions et le Samba. J'ai découvert pourquoi l'Atabaque a une place si importante. C'est l'instrument primitif (au sens de premier) utilisé dans les rituels magiques ou religieux. Dans le Candomblé, c'est lui qui appel les esprits et avant d'en jouer sa peau était recouverte d'huile de "dende" (sans doute pour l'assouplir). Le cuir absorbant l'huile on disait que le tambour était vivant et qu'il se nourrissait. Autant de mythes qui impose le respect.
Dans la tradition de Mestre Pedrinho, l'Atabaque et l'Agogo sont intimement liés. L'Agogo doit être à coté de l'Atabaque dans la bateria. C'est un prolongement de sa tradition culturelle du Candomblé dans la Capoeira. A l'origine l'Agogo se nomme "Gaô" dans le Candomblé. Plus tard, son nom serai devenu Agogo dans la tradition du Samba. Pour Mestre Pedrinho un bon test pour mesurer le niveau d'avancement d'un capoeiriste dans sa connaissance des fondements de la Capoeira et de lui confier l'Atabaque de s'asseoir à coté de lui et de jouer un rythme à l'Agogo. Si le Capoeiriste a fait des recherches il reconnaîtra le rythme que l'Agogo appel et saura jouer la réponse à l'Atabaque. Mestre Pedrinho incite les capoeiristes non brésiliens à travailler cette connaissance des fondements pour aller plus loin que la connaissance des mouvements et ainsi valoriser l'enseignement de leur maître et de leur groupe.
Il nous a aussi beaucoup parlé du Samba. Le Samba de Rio, celui de Bahia, le Samba de caboclo... les évolutions , les pas de danse... Il dit e la danse du Samba de Rio que c'est une "Samba dura". Les hommes dansent le corps fermé, une main à la ceinture comme s'ils tenaient une arme. Les femmes elles dansent en tenant leur jupes comme si elle relevait une robe pour bouger. Elles se déplacent et virevoltent dans la ronde en permanence et l'homme plus que de les suivre les pourchasse. C'est une danse suggestive et qui mime des attitudes de la vie.
Le Samba de Caboclo se danse différemment, on à l'impression que le danseur titube il est en permanence entre la perte d'équilibre et le rattrapage de son équilibre.
La boucle était bouclée lorsqu'il nous a parlé des différentes façon de faire la "Ginga", celle d'un fameux capoeiriste surnommé "l'ours de caixas", celle souvent utilisée dans les "roda de rua" avec les genoux excessivements levés pour que l'adversaire ne sache jamais vraiment quand le coup de pied va partir et celle de son ami, partenaire et rival de capoeira (décédé aujourd'hui) qui avait l'habitude de faire la "ginga de l'ivrogne" qui ressemble à la danse du Samba de caboclo.
L'Agogo nous a fait passer du Candomblé au Samba, le mouvement du corps, du Samba à la Capoeira et ainsi de suite dans un grand brassage culturel, d'expression musicale et corporelle qui fait la richesse et la complexité de la culture populaire afrobrésilienne.

D'autres stages et rencontres se sont passés comme celui du Groupe Ginga Nago à Nantes où était présent le vieux Mestre Bigodinho (voir vidéo) , grand ami de Boca Rica ou à venir comme à Orléans du 1er au 3 mai avec Leninho et bien sur celui de Marseilles du 4 au 8 juillet qui, j'en suis sûr, sera aussi bien que l'an passé!

Peut être nous y croiserons nous?

Photos de haut en bas: Roda / Mestre Marrom & Mestre Boca Rica / Contramestre Pernalonga / Mestre Pedrinho

mardi 20 mars 2007

Stage / Mestre Boca Rica

Les "5e Rencontres Internationales d'Angoleiros" organisées par Contra-Mestre Dorado dans le cadre de l'ACAMCAB se dérouleront du 19 au 22 avril 2007 à Bordeaux et Eysines. Les invités sont : Mestre Boca Rica, Mestre Marrom, Mestre Camaleão, Mestre Pedrinho, Contra-Mestre Pernalonga et Contra-Mestre Yuri. Vous trouverez toutes les infos nécessaires pour vous inscrire à ce stage sur le site de l'ACAMCAB.

Cela fait un peu plus de deux ans que j'ai intégré le groupe ACAMCAB et la plupart des invités à ce stage ne sont pas des inconnus pour moi. Je suis vraiment ravi de revoir Mestre Marrom qui nous a si bien accueilli à Rio l'été passé et la présence de Mestre Boca Rica est un évènement en soi. Lorsque je l'ai rencontré ce même été durant l'évènement "Volta ao mundo" j'ai découvert que la plupart des chansons que je reprenais en coeur dans les roda étaient ses compositions.
Ce n'est pas rien de faire la connaissance d'un homme dont les oeuvres circulent à travers le monde entier et réunissent des milliers d'hommes et de femmes. Le peu de temps passé auprès de Boca Rica et des autres maîtres est une grande source d'apprentissage. Mais cette connaissance se révèle avec le temps. J'ai découvert des choses dans la capoeira bien après mon voyage à Rio et je me suis rendu compte que c'est au contact de ces maîtres que mes yeux ont su voir ce que mon langage ne sait pas dire.
Mestre Boca Rica a été longtemps membre de l'académie de Mestre Pastinha figure fondatrice de la Capoeira Angola. Il fait aussi souvent référence à Mestre Waldemar dont le rôle dans la préservation et la transmission de la Capoeira Angola n'est pas moindre. Il est devenu aujourd'hui une figure fondatrice lui même de par son influence sur le petit monde de la capoeira On trouve de nombreuses vidéos de lui sur Youtube entre autre et il a sorti plusieurs disques dont un avec Mestre Bigodinho (avec la très belle chanson "Bahia de todos os santos") et le dernier en date "A poesia de Mestre Boca Rica" très sobre (Sa voix, un Berimbau, le choeur et parfois à peine un pandeiro) avec des chansons pleine d'humour, de douceur qui rendent universelle des histoires singulières.
Certains trouvent la capoeira de Mestre Boca Rica trop douce. Personnellement je la trouve très forte. Elle est empreinte de sagesse et d'humilité. Mestre Boca Rica aime ce qu'il appelle la belle capoeira (capoeira bonita) jouée par des gens biens éduqués dans le respect de l'esprit sportif. Je traduit de façon un peu littérale le souvenir que j'ai des discussions avec lui lors des entraînements, mais je pense que c'est assez fidèle à l'esprit de ses paroles. C'est à la fois l'expression d'une certaine douceur et indolence, mais aussi une grande fierté et le respect de soi et des autres.




Vidéos d'un jeu entre Mestre Boca Rica et une élève au Jamaica camping de Makandal à Sana (état de Rio de Janeiro / Brésil) Lors de l'événement "Volta do Mundo" organisé par Mestre Marrom et Mestre Paulo Siqueira du 11 au 13 août 2006.

mercredi 17 janvier 2007

La Capoeira me donne de la force.

Vendredi dernier, je suis retourné à Bordeaux, et j'ai eu le plaisir de participer à la roda hebdomadaire de l'ACAMCAB qui se déroule un fois sur deux à l'école du Derby à Eysines où aux ateliers de la manutention à Bordeaux (vous trouverez plus d'infos sur le site de l'ACAMCAB).
Dorado n'était pas encore rentré du Brésil, ses élèves ont pris la relève et se sont organisés entre eux pour que la dynamique perdure. C'était très émouvant pour moi de voir la fraternité qui s'est construite au sein du groupe. Tout le monde était content de se retrouver après la pause des vacances de Noël ça discutait et ça rigolait dans tous les coins de la salle, mais quand Carine (andorinha) a commencé à jouer du Berimbau et qu'elle a entamait la Ladainha, tout le monde était alors très concentré est le silence s'est fait pour mieux s'imprégner du chant, sentir l'énergie de la Roda et rentrer dans son corps d'Angoleiro. J'étais ému et plein de pensées me traversaient l'esprit, en premier pour Dorado qui a vécu des drames personnels dernièrement. Plusieurs fois depuis qu'il est retourné au Brésil je me suis demandé "et s'il ne revenait pas à Bordeaux?". C'est vrai ça doit être dur pour lui de vivre ici en France loin de ses proches, de ses amis, de son maître de capoeira de ses frères de Roda. Pendant que Carine chantait j'ai regardé les visages concentrés et sereins de mes camarades et je me suis dis qu'il nous avait transmis quelque chose de fort, au delà d'une gestuelle, d'une pratique physique nous sommes entré dans une culture commune et nous avons tissé un lien qui nous unit. Le groupe est composé de gens très différents mais nous nous retrouvons et sommes unis dans la Roda. Et je me suis dit que c'était le seul hommage que nous pouvions lui rendre, prolonger ce qu'il nous a transmis quoiqu'il arrive, de la même façon qu'il prolonge l'enseignement de ces maîtres dans son activité.
Plusieurs fois Dorado en nous parlant de la Capoeira nous disait combien elle l'aidait à tenir le coup lorsqu'il vivait des situations difficiles, je ressens ça aujourd'hui. L'énergie du cour de la semaine dernière à Poitiers, la roda de vendredi soir à Bordeaux sont autant de moment qui m'aident à évacuer le stress ou à faire le plein d'énergie. Quand je m'entraîne je fais le vide dans ma tête je transpire et j'évacue les toxines physiques mais aussi celle qui brouillent mon humeur et je me sens plus serein.
Ce soir j'étais aussi assez fière de trouver un commentaire de Elo du site capoeira-france, ça m'a bien motivé de voir que ce que je fais à travers ce Blog est apprécié et même recommandé.

Photo: Contramestre Dorado au pied du Berimbau, Roda du 11 novembre 2006 avec Mestre Marrom.

mardi 17 octobre 2006

CD capoeira angola

Depuis que je n'habites plus à Bordeaux, la Capoeira me manque. C'est difficile de trouver un bon groupe de Capoeira Angola qui assure des cours tous les jours de la semaine et au moins une Roda hebdomadaire. Et puis au bout d'un certain temps on cré des liens de bonne camaraderie avec les Angoleiros que l'on fréquente et ça aussi ça manque. J'essaye de retourner au moins un week-end sur deux à Bordeaux afin de participer à la Roda du vendredi soir, mais ça n'est pas assez. J'ai pris goût à ce jeu et mon voyage au Brésil m'a rendu plus exigeant aussi. La Capoeira me nourrit et j'ai faim! Donc j'ai hâte de participer aux stages organisés par Dorado au sein de l'ACAMCAB. Le premier devrait se dérouler le week end du 10 11 et 12 novembre et Mestre Marrom serai là. J'en suis extrémement heureux parce que j'ai apprécié son acceuil à Rio cet été mais surtout parce que son enseignement est riche, que sa capoeira est belle et que c'est un homme de qualité avec beaucoup de charisme. Sa venue sera peut être l'occasion pour lui de ramener des exemplaires de son dernier disque et de le diffuser. J'ai pu l'acquérir lors de sa sortie cet été au Brésil et je le conseille vivement. Il comporte de trés belles photos (les photos de ce post en sont tirées), une courte biographie de Mestre Marrom qui nous en apprend plus sur la place de la Capoeira dans sa vie et son parcours de Capoeiriste. Ce disque est un de ceux les plus aboutit que j'ai vu, tant par le livret que par la qualité de l'enregistrement (la photo ci contre permet de voir le matériel de prise de son, plusieurs micros sont accrochés au plafond, et un pré-mixage s'est fait en live grace aux tables de mixage). On entend trés clairement les instruments, le coeur et la voix de Mestre Marrom. Je pense que le travail de prise de son et de mixage a été réalisé avec beaucoup d'attention car il met vraiment en valeur la qualité musicale du groupe. Les ladainhas sont trés belles en particulier "chora me cativeiro" qui raconte l'esclavage et son abolition par la princesse Isabelle tout en exprimant la grande tristesse que peut laisser en chaque homme (et en particulier chez les descendants d'esclaves) le souvenir de cette période détestable. Mais il ne s'agit pas seulement de pleurer sur le passé, ce chant porte aussi un message de vigileance pour le présent et le futur afin de refuser toute forme d'oppression et d'exploitation de l'homme par l'homme.
J'aime beaucoup ce disque, on y retrouve vraiment l'ambiance des Rodas de l'académie de Marrom à Leme. Chaque fois que le jeu s'intensifie on entend les exclamations de la roda pour accompagner les joueurs. Mestre Marrom les encourage et appelle les instruments pour que les musiciens donnent toute leur énergie. Ce disque est aussi trés interressant car les thèmes des chants s'enchainent parfaitement.
Mestre Marrom demande à ses dieux l'autorisation de jouer afin de signifier le respect qu'il porte à la vie et ses mystères. Il leur demande de protéger ses élèves dans ce jeu où tout peut arriver. La roda est un espace qui pour un instant devient le théâtre de la vie, une représentation de la complexité du monde.
Puis le groupe rend hommage à la capoeira en affirmant son identité de capoeiriste. De nombreux thèmes sont abordés dont la religion dans la ladainha "Negro religioso" chantée par Forro. La roda se termine sur une évocation sensuelle et magique d'une sirène que le capoeiriste invite à sortir de l'eau pour batifoler et danser sur la plage. Ce final réunit en un thème tout ce qui fait le charme de Rio, la mer et les plages, les femmes belles et le jeu de la séduction, la capoeira, la danse...

mercredi 20 septembre 2006

Lecture du jeu et Swing.

Pour que le carnet de voyage de mon séjour au Brésil ne devienne pas l'Arlésienne de ce Blog, je vais faire comme si on en restait là et si un jour ce carnet vient à être mis en ligne dans sa totalité ce sera alors une bonne surprise.
Les cours ont repris à Bordeaux. On retrouve les anciens et il y a de nouvelles têtes. Doucement on reprend le rythme des entraînements car tout le monde n'a pas eu la chance de pouvoir s'entraîner pendant l'été et les corps sont parfois un peu rouillés. Plein de nouveaux projets se mettent en route dans l'association et Dorado a décidé de multiplier les occasions de faire des Roda et d'accentuer le travail musical en multipliant les cours d'instrument et en mettant en place un groupe de percussions.
Cette année mes obligations professionnelles m'entraînent loin de Bordeaux et je ne pourrai pas suivre les cours avec autant de régularité. Je vais essayer de m'exercer seul, mais j'ai peur de perdre en qualité de jeu, surtout au niveau de la lecture du jeu et du swing. En effet, la lecture du jeu c'est cette capacité à anticiper sur ce que va faire son partenaire et cela ne s'acquiert qu'en jouant et jouant encore avec un maximun de joueurs différents pour ne pas tomber dans la routine et avoir toujours l'oeil vif. Le Swing, c'est une expression de Mestre Marrom pour désigner cette capacité à bouger en harmonie avec la musique et trouver un balancement personnel qui rend chaque Jinga singulière.

Ci dessous une vidéo de Dorado jouant avec Cocada lors de la Roda du Vendredi soir à Eysines le 08 septembre 2006. On y voit cocada jouant avec sa nonchalance naturelle et Dorado entamant le jeu par un tour sur la main et enchainant de belles feintes, rastera et cabesada...


mardi 29 août 2006

Retour à Bordeaux et première vidéo!

Le retour du Brésil a été mouvementé, mais je travaille sur la mise en ligne du journal de notre voyage avec des photos (la dernière série est visible ici) et... des vidéos. Pour vous faire patienter vous pouvez déjà regarder celle ci-dessous. C'était notre dernier jour à Sana pendant une petite roda improvisée. Les joueurs sont Fabio et Junior, deux élèves de Mestre Marrom. La Bateria est assurée de gauche à droite par Tatiana (Pandeiro), Mestre Paulo Siqueira (Viola), Mestre Boca Rica (Berimbau), Mestre Virgilho (Pandeiro) et Mestre Marrom (Atabaque).

A Bordeaux les cours reprennent avec Dorado nommé Contramestre cet été par son maître Mestre Marrom.
Rendez vous:
Lundi 4 Septembre au soir à Bordeaux (adultes)
Mardi 5 Septembre au soir à Eysines (adultes)
Mercredi 6 Septembre l’après midi à Eysines (enfants)
plus d'infos sur le site de l'ACAMCAB.

lundi 14 août 2006

Bresil la suite

Aujourd'hui, c'est day off a Rio. Enfin presque car je me suis leve a 07h00 ce matin pour aller suivre un entrainement de capoeira a l'academie de Mestre Marrom.
Je me rends compte que je n'aurai pas tenu mon engagement d'ecrire hebdomadairement pour donner des nouvelles de ce voyage et mettre des photos a dispositions. deux messages en 4 semaines c'est deja pas mal, c'est la moitie. Internet n'est vraiment pas la priorite car il y a beaucoup de choses a faire. Je reprendrai tout ça une fois rentre en France a l'aide du carnet de bord qu'on arrive a tenir regulierement , les photos et les souvenirs qui me resteront.
La deuxieme semaine de notre sejour a ete un peu gachee par la pluie qui s'est abatue sur Rio pendant 4 ou5 jours. Nous avions un peu oublie que de ce cote de l'hemisphere c'est l'hiver... Ila fallut trouver d'autres occupations. Nous avons donc visite des musees, pris nos capes de pluie dans les sacs et echanges les sandales pour des chausures plus adaptees. Le Musee d'Art Naif qui se trouve dans le quartier du Cosme Velho est tres interressant, nous avons decouvert la culture bresilienne par le biais de ces tableaux representant la vie quotidienne des Bresiliens de façon simple et spontanee. Nous avons reconnu la plupart des endroits ou nous nous sommes promenes. Le Foot-ball est vraiment tres present. Par contre la Capoeira est totalement absente. Meme dans le musee du Folklore nous n'avons rien vu sur la capoeira. Il y avait pourtant plein d'objets sur differentes traditions populaires du Bresil, le Candomble, le Carnaval, la Literature de Cordel, Bumba meu Boi... j'ai pu voir beaucoup de choses dont j'ai entendu parler, mais j'etais un peu deçu par l'absence d'informations sur la capoeira et par l'aridite de ce musee (il n'y avait aucun livret , aucun commentaire pour nous aider a comprendre ces traditions complexes et totalement hermetiques pour des non inities).
Malgre le mauvais temps nous avons decide de faire une excursion dans le centre de Rio histoire de partir a la recherche des batiments historiques Carioca caches au milieu des grands buildings. de cette promenade je retiens surtout le magnifique salon de the "Confeteiria de Colombo" et ses petits gateaux delicats, La Grande Cathedral Metropolitaine a l'architecture moderne, si vilaine de l'exterieur et si belle de l'interieur grace a ses magnifiques vitraux. Le centre de Rio grouille de monde comme toutes les grandes villes. Sur les vitres des buildings passe le reflet flou des hommes d'affaires qui courent a leur prochain rendez vous alors qu'une femme asise sur un carton allaite son enfant.
Suite a cette semaine pluvieuse le beau temps est revenu, et notre premier stage de capoeira a commence. Mestre Marrom a fait venir plusieurs Mestre dont certains tres ages comme Mestre Brandao (76 ans) ou Mestre Boca Rica. Ces gens la ont connu la periode ou la capoeira etaient interdite et sont descontemporains de maitres de reference comme Waldemar ou Pastinha. mestre Boca Rica est un grand copositeur de chanson de capoeira, je me suis rendu compte au'un grand nombre des chansonsque nous chantons dans lesRoda sont ses compositions. Il a une bele voix, un peu fatiguee, et douce. Il joue sur un rythme lent et tres balance, les mauvaises langues disent que losquemestre Boca Rica joue, il berce les joueurs qui finissent par s'endormir. mais des que Mestre Brandao debarque, plus question de sommeiller! La vitalite de ce papi est impressionnante, il n'arrete pas de parler avec tout le monde, de distribuer des coups de poings et de tete a tous ceux qui l'entourent en ricanant de toute ses dents (enfin celle qui lui reste) et en criant des injonctions incomprehensible dans l'Argot de Bahia des annees 40 que meme les Bresiliens presents au stage ne comprennent pas. D'autres maîtres sont presents, Mestre Virgilho, un petit bonhomme au ventre rond, au jeu tres theatral et qui parle comme un vieux sage africain assis sous son baobab. Mestre Ze Bahiana, et ses yeux malicieux,grand artisants fabricants de Berimbau. Mestre Angolinha qui parle de lui a la troisieme personne et n'arrete pas de lancer des sorts lorsqu'il joue endessinant des signes cabalistiques sur le sol. Mestre Paulo Siqueira venu avec ses eleves d'Allemagne qui etait present au stage de marseille et mestre Dominguinhos qui lui etait present lors du stage a Bordeaux.
Ce premier stage a ete le theatre d'un evenement tres fort emotionellement. La presentation parMestre marrom de certains de ces eleves aux Maîtres presents pour signifier leur implication dans la capoeira, les remercier en leur offrant un berimbau et leur donner le titre de Profesor ou de Contramestre. C'etait tres fort. Chaque Maitre a fait un petit discours adresse aux eleves appeles mais qui au dela de l'evenement est une façon de nous transmettre leur experience de vieux maitre et leur vision de la vie marquee par des histoires peu communes et un engagement total dans la capoeira.
Nous avons beaucoup progresse dans notre façon de jouer, surtout en ce qui concerne la qualite des mouvements, etre plus detendu dans la roda, etre plus fluide dans nos mouvements, balancer, relacher la tension...
Bonc'est tout pour aujourd'hui et pourtant il ya tellement a raconter encore, nos ballades dans la foret de Tijuca, l'ascencion au pain de sucre, Au sommet du Corcovado, La feira de Sao Cristovao, le week end a Sana chez les Rasta...
Demain nous partonsa Ilha Grande, derniere etape avant le retour en France.
En attendant que je reprenne ce journal de Bord vous pouvz allez voir une nouvelle serie de photos un peu en vrac ici.

vendredi 28 juillet 2006

1ere Semaine a Rio.

Voila bientot une semaine que nous sommes arrivès à Rio de Janeiro. Je ne sais par où commencer tellement je suis déjà rempli de petites histoires, d'aventures et d'images nouvelles.
Nous logeons chez Dorado, dans un appartement sympathique à flanc de "Morro" (les Morro désignent les nombreuses collines éparpillées dans Rio). Le notre s'appelle "Cantagalo" et au dessus de nous grimpe la favela et sa multitude de petites maisons carrées qui s'éclairent la nuit en un spectacle que je ne me lasse pas de regarder avant de me coucher. A notre droite se trouve le quartier d'"Ipanema", plutôt aisé et tranquil avec sa plage de sable blanc et fin et ses rues commerçantes. A notre gauche le quartier de "Copacabana" avec ses hôtels de luxe (Le Copacabana palace et son agence "american express" intégrée oú nous allons changer nos travellers chéques), sa plage et sa misère (prostitution, mendicité et petites arnaques). Derrière nous se trouve le Lac "Rodrigo da Freitas". Bref un emplacement parfait pour profiter de deux quartiers bien sympatiques (Ipanama et les bords du Lac) régler nos petits soucis de voyageurs (argent, santé...) et changer d'ambiance en même pas dix minutes de marche. "Ipanema" c'est la plage, les vagues, les Cariocas qui jouent au futebol, les filles en bikini. Le lac, c'est les ballades en vélo, les sportifs qui courent ou font du ski nautique, les sorties familliales dans les restos le samedi midi. "Copacabana", c'est les bus qui font la course avec les taxi, les boutiques qui se multiplient, la foule qui grouille...
Pour l'instant nous avons bien arpenté le quartier d'"Ipanema" et nous commençons même à avoir nos habitudes dans la boutique de jus de fruits frais en bas de notre rue. Les serveuses nous reconnaissent et sont prévenantes avec nous. On s'y arrète régulièrement pour faire des expériences gustatives Ananas (Abacaxi) + Goyave (Goyaba) ou Mangue ou Fruit de la passion (Maracuja). Tout ce que nous mangeons est une découverte et un plaisir. Les plats sont trés copieux et pas chère. Surtout lorsque l'on va dans une rotisserie avec buffet varié et viande grillée (poulet, boeuf, porc...) à volonté. On retrouve souvent servi avec les plats une sorte de purée faite à partir de farine de manioc gonflée dans le jus du plat. Le riz et les haricots noirs sont ausi trés présents et parfois on à même tout ça en même temps plus des frites des oignons frits et des beignets de fromages... Et ça dans tous les restaurants, depuis celui un peu classe, en pasant par la chaine genre flunch, jusqu'au petit bouiboui qui paye pas de mine.
Les premiers jours nous avons perdu beaucoup de temps à essayer de comprendre le fonctionnement des bus. Ils s'arrètent n'importe où, déposent les passagers au milieu de la route et il est impossible de trouver un plan des lignes de bus, des horaires ou quoique ce soit permettant de s'accrocher a une réalite circulatoire au lieu de flotter dans le flou urbain. Il était donc nécessaire de faire une pause. Nous nous sommes retiré dans le jardin botanique oú nous avons trouvé un peu de paix au milieu des cascades, ruisseaux et essences d'arbres variées. Ça a aussi été l'occasion d'observer les attitudes des brésiliens face á l'appareil photo. La pose romantique une fleur a la main semble être un classique.
Depuis nous nous sommes promenés dans les rues du Quartier de Santa teresa, abandonné par sa population riche dans les annees 60 et reinvesti depuis par les artistes, etudiants... Ça donne un lieu calme, colore et agreable a visiter, en particulier en prenant le vieux Tram Jaune ( le "Bonde". Sans doute a l'origine du nom du groupe "Bonde do Role"?) a l'identique de ceux qu'on trouve a Lisbonne.
Hier nous etions dans le Quartier d'Urca (ou vit le pere de Dorado) qui se trouve pris entre la Baie de Botafogo et le Pao de Aucar. C'est aussi un quartier tres tranquil avec des petites rues pleines d'arbres. Au pied du Pao de Azucar nous nous somms poses au bord de la praia vermelha et avons fait une ballade a flanc de montagne. Des gros lezars, des petits singes et pas mal d'adeptes d'escalade. Nous avons decider de remettre a un autre jour la montee en haut du Morro da Urca et du Pao de azucar afin de le faire plus tard dans la journee et voir le coucher de soleil, mais aussi pour garder des forces pour le cours de Capoeira.
Pour l'instant nous avons pris deux cours chez Marrom. Nous avons ete tres bien accueillis ce qui nous a rassure par rapport a notre capacite a suivre les cours. Le premier etait donne par Fabio et reunissait les eleves les plus avances. L'ambiance etait sympa et plus branchee rigolade et discussion. Marrom n'etait pas là et je crois que la bande de copains etaient bien contents de se retrouver entre eux pour s'amuser sans la presence du maître. Le second cours mixait plusieurs niveaux et etait dirige par Marrom. C'etait plus structure et plus pedagogique. Tout un groupe d'Allemand etait la. Nous avons sympathisé et appris que ce sont les élèves de mestre Paulo Siqueira avec qui nous allons a Ilha Grande.

Vous pouvez voir quelques photos de notre sejour ici.

vendredi 7 juillet 2006

Capoeira Angola em Marseilles: "Vadiando entre amigos" 2006.

Le week end dernier, Mestre Camaleão (a droite sur la photo avec Mestre Russo) organisait au sein de l'association "Marseille-Métisse" la 4ème rencontre internationale de capoeira "vadiando entre amigos".
J'y suis allé avec une quinzaine de camarades de l'ACAMCAB à Bordeaux et notre professeur Dorado.

Marseille est vraiment une ville de caractère! Parfois, ça me parait excessif mais chaque fois que je m'y rends, je suis surpris et charmé. Ce stage a attiré beaucoup de monde, surtout des Français, de Metz, Nancy, Paris, Bordeaux... Mais on pouvait aussi croiser des apatrides comme ce couple de Finlandais arrivant d'Amérique du Sud ou Serena, Italienne vivant à Barcelone...
Forcément, beaucoup de monde c'est aussi plus de complications pour l'organisation. La gestion du temps s'en ressent, les retards s'accumulent et tout le calendrier se décale. Mais bon, on n'est pas à l'usine, on vient faire de la capoeira, rencontrer des gens et passer du bon temps, alors si on commence à courir après le temps...

Les cours ont été assurés par Mestre Camaleão (Filhos de angola/Marseille), Mestre Paulo Siqueira (capoeuropa-Hamburg/Allemagne) (au centre avec le bonnet), Mestre Russo (roda de caxias-Rio de Janeiro/Brésil), Contramestre Magal (Rio de Janeiro/Brésil) (à gauche), Profesor Dorado (ACAMCAB/Bordeaux) (deuxième à gauche) et Profesor Fubuia (Angoleiros do Mar/Paris) (à droite).

Nous n'avons pas travaillé une grande variété de mouvements lors de ce stage. Par contre, les interventions de Mestre Russo m'ont vraiment marqué par la profondeur de son discours et le charisme qu'il diffuse (on peut lire une interview sur le site capoeira-france). J'ai beaucoup apprécié aussi le travail fait avec Mestre Paulo Siqueira sur la façon de rentrer dans la roda est de "racheter" le jeu. J'ai aussi l'impression que j'ai souvent pu jouer dans les roda lors de ce stage et donc rencontrer des gens et développer mon jeu. Il y avait une énergie très forte et la dynamique de groupe était gérée dans ce sens, chaque fin de journée se terminait dans un grand rassemblement des participants chantant à l'unissons. La transe n'était pas loin pour quelques-uns. En tout cas l'émotion était à fleur de peau, donnant des frissons à certains (dont moi), provoquant les larmes pour d'autres.
J'ai trouvé que certains jeux étaient trop marqués par le défi et la volonté d'affirmer sa supériorité, mais cela fait aussi parti de la capoeira en tant que lutte. D'ailleurs, lors de ce stage j'ai pu observer différentes approches de la capoeira. Celle du défi, de la force physique et de la ruse mais aussi celle plus politique (je pense au discours de Mestre Russo sur la discrimination) ou encore celle cherchant à conserver un patrimoine gestuel (je pense au cours de Dorado sur le mouvement de "ciseau", son évolution et les différentes manières de sortir de cette prise ou de répondre à cet appel selon la façon dont il est fait).

Durant ce stage j'ai développé une conscience plus aiguisée de l'importance de la précision des appuis (les pieds et les mains), mais aussi du rôle de la distance avec son partenaire selon ce que l'on cherche à faire, ainsi que du "timing" pour effectuer un mouvement. Autant de subtilités trés fines qui ne s'acquierent pas du jour au lendemain ou en répétant un mouvement en solitaire. C'est une connaissance qui se construit au fur et à mesure des jeux et doit être adaptable à chaque partenaire. Ce n'est pas un savoir figé, il faut à chaque nouveau jeu retravailler ces deux points (la distance et le timing), ne jamais penser que c'est acquis et toujours re-questionner ses certitudes. Je termine donc ce stage avec de nouveaux objectifs, me concentrer sur mes placements d'appui, ma gestion du timing et de la distance, mais aussi l'expression.

J'ai bien profité des moments de détente (bien nécessaires vu les efforts fournis et la chaleur) que ce soit au bord de la mer, pendant le match France-Brésil (les brésiliens auront sans doute moins apprécié ce moment là!), le bal de forro (mené par le groupe triangle) où le spectacle de danse Masaï.

Enfin, je remercie chacun des mestre, contramestre et profesor pour leur enseignement, en particulier Mestre Camaleão pour avoir initié cet évènement. Un grand merci aussi à Eddy et Poca pour l'organisation et Gabrielle (notre ange gardien!) pour son accueil.

dimanche 28 mai 2006

Stage de Capoeira Angola à Marseille.

Fin juin début juillet (plus exactement du Jeudi 29 juin au Dimanche 02 juillet), nous partons à quelques uns (sans doute une dizaine) de l'ACAMCAB à Marseille participer à l'évènement organisé par Mestre Camaleão au sein de l'association "Marseille-Métisse".
Au programme Capoeira Angola bien sur, des roda mais aussi de la samba de roda, et les spécialités Marseillaises : ballades dans les calanques et apéro-pastis!!!

Depuis quelques années déjà, les liens que tissent Dorado et Mestre Camaleão renforcent la place de la Capoeira Angola en France. La venue de Mestre Camaleão et certains de ces élèves lors des 4 èmes rencontres internationales d'Angoleiros a permis de belles rencontres et la fraternisation entre les Angoleiros de Bordeaux et Marseille se consolide encore avec notre participation à cet évènement.
Espérons que de nombreux Angoleiros d'autre villes de France et d'ailleurs seront présent afin que l'énergie de la Capoeira Angola se propage toujours plus loin avec plus d'intensité.

lundi 15 mai 2006

Actions de sensibilisation à la Capoeira Angola.

Hier, l'ACAMCAB a fait une présentation de Capoeira Angola lors d'un évènement de promotion de la lutte contre le cancer organisé par l'association de course à pied "Les Printanières".
L'évènement se déroulait au Parc Bordelais qui le dimanche aprés-midi est un lieu incontournable de la sortie familiale. Le beau temps et le public étaient bien présent.
Avec le retour des beaux jours, c'est aussi la possibilité de se retrouver pour jouer en extérieur. Ca me rappel lorsque j'étais à Barcelone en juin 2005. En France nous n'avons pas trop l'habitude d'investir la rue pour s'y retrouver ce qui est bien dommage. La rue en tant qu'espace public peut vraiment être un lieu de rencontre entre les générations, les cultures... Plus de monde dans la rue c'est moins de peur dans les coeurs. L'insécurité s'installe dans les espaces abandonnés, faire vivre nos rue est la meilleure prévention de la violence.

Pour information, l'ACAMCAB sera aussi présente lors de la foire internationale de Bordeaux le week-end prochain 20 et 21 mai.

jeudi 27 avril 2006

Bilan des 4ème rencontres internationales d'Angoleiros.

Hier soir nous avons fait un petit débriefing sur le stage qui s'est déroulé. Tous les participants étaient supers positifs.
La qualité des cours de Capoeira était vraiment trés bonne. Chaque intervenant avait son style et c'était trés instructif de pouvoir observer les différences. L'organisation était faite pour que chaque ateliers de deux heures soit assuré par deux intervenants qui se partageaient le temps. Cela a augmenté la possibilité de bien saisir leurs différences, leurs ressemblances et leurs complémentarités. Je pense que pour eux aussi ce fut instructif de travailler de cette façon, de se voir travailler et d'organiser leurs interventions en harmonie les uns avec les autres.

En tout, nous avons eu 6 cours de Capoeira (jeudi soir, vendredi soir, Samedi matin et samedi aprés-midi, dimanche matin et dimanche aprés-midi) avec 5 intervenants différents (Dorado, Contra-Mestre Perna Longa, Mestre Dominguinhos, Mestre Camaleão et Mestre Claudio) ainsi qu'un cours de Batucada (par Dorado) et un cours de Samba de roda (par Mestre Claudio). C'est dire que le temps a été bien occupé et les corps bien épuisés! Pourtant à aucun moment l'énergie n'est retombée. On a même trouvé le temps de faire un foot!!!


Par ailleurs, nous avons tous pu jouer plusieurs fois, car nous étions répartis en deux groupes (entre 20 et 30 personnes par groupe selon les jours) et quasiment chaque cours se terminait par une Roda réservée aux élèves. les Mestre s'occupaient de l'organiser et de l'animer. Par contre, ils s'en sont donné à coeur joie lors des Roda de fin de journée et c'était à chaque fois un spectacle et une nouvelle occasion d'apprendre plus en les regardant ou en jouant avec eux.

En plus de la quantité des choses apprises et la qualité des enseignements, ce fut un vrai moment de fraternisation. Nous étions plus de 60 capoeiristes de plusieurs villes de France (Marseille, Strasbourg, Metz, Orléans...) et de différents pays (Ecosse, Italie, Espagne et Finlande). J'ai le souvenir lors de la roda du Samedi soir d'avoir pris le temps de regarder tous les visages des gens formant la roda et de m'étonner d'avoir une anecdocte à associer à chacun d'entre eux. J'étais surpris de me rendre compte la qualité des rencontres faites en si peu de temps. il faut dire que les moments festifs y ont largement participé que ce soit le Vendredi soir ou le Samedi soir au son de la samba de roda et du forro.
A ce sujet, Eric à fait une remarque trés juste sur la qualité de ces fêtes qui était d'autant meilleure que nous avons tout fait nous même; les musiciens avec leurs instruments, le public avec leur voix pour reprendre les chants et leurs mains pour taper le rythme, les danseurs avec leurs pieds et leurs hanches... Et à aucun moment il n'a été nécessaire de brancher la sono.


La présence pendant le week-end de Pagé a amené une autre dimension à ce stage en le reliant avec la question du commerce équitable et dans une modeste mesure avec le mode de vie des indiens d'amazonie à travers la découverte de produits qu'ils cultivent et consomment (Cacao, Guarana, huiles d'andiroba...).

Personnellement, j'ai l'impression que ce stage m'a ouvert les yeux. Aujourd'hui, je ne regarde plus le jeu de la même façon. J'ai l'impression d'avoir appris à lire. Ce que je vois quand je regarde des capoeiristes jouer ou un Mestre nous transmettre sa capoeira est plus clair, j'ai le sentiment d'avoir aiguisé mon acuité. J'ai l'impression que je vois au delà. Si la capoeira est un poême, avant je n'en lisais que le premier sens, aujourd'hui je suis sensible aux second degré, je suis sensible aux rimes, au rythme, je commence à lire entre les lignes. Si la capoeira est un tableau, avant je ne voyais que ce qu'il figure (un paysage, un portrait...), aujourd'hui je vois au delà du figuratif, je vois la structure du tableau, les influences de l'artiste, les choix techniques (aquarelle, pinceau, couteau...) les couleurs me parlent, les traits ont du sens.
Je vois aussi la progression infinie qu'il y a, la capoeira est un horizon et qui comme toute horizon recule au fur et à mesure qu'on avance vers lui. Ce qui me laisse beaucoup d'espoir.
Mon oeil s'est ouvert et mon jeu a évolué, je le sens et mes camarades me l'ont fait remarquer. Mon corps aussi s'est ouvert et le jeu des Mestre y est entré et je sens que ce que j'en ai gardé, au delà de mouvements ou d'enchainements, c'est une expression; une façon de bouger les bras comme Mestre Dominguinhos, une manière de mobiliser mes jambes comme Mestre Claudio...

Donc, merci à tous, Mestre Claudio, Mestre Dominguinhos, Mestre Camaleão, Contra-Mestre Perna Longa. Merci particulièrement à Dorado pour son enseignement depuis un an environ et pour avoir permis que se déroule cet évènement. Merci aussi à tous les Angoleiros qui ont participé.

Vous trouverez de nombreuses photos du stage sur le site de l'ACAMCAB et ici pour la journée du 21, pour la journée du 22 et encore pour la journée du 23.